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Sallé. 379
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plaignant aux conditions de Iaiffer auxdits Sallé et Vienne tout ce qui feroit d'attache et fcellé au théâtre et d'en retirer le mobilier. Qu'il fut fait entre eux à cet égard une convention, â la vérité verbale, que le plaignant jouiroit gratuitement de fa loge en entier jufqu'à la foire St-Germain lors prochaine, c'eft-à-dire jufqu'au premier février dernier, fauf à faire de nouveaux arran-gemens fi le plaignant vouloit en jouir au retour de ladite foire. Qu'en vertu de cette convention le plaignant a toujours gardé la clef de fa loge et en a joui paifiblement jufqu'au 26 janvier dernier qu'il s'y préfenta accompagné de deux perfbnnes, ainfi qu'il l'avoit fait plufieurs fois. Qu'il entra avec fa compagnie dans fa loge fans aucune oppofition et il ne devoit pas y en avoir. Que ce fpectacle commence par le jeu de marionnettes. Que ce jeu exécuté et au moment de commencer la première pièce qui étoit San/on fuivi d'Annette et Lubin (1), Sallé fe préfenta à la loge du plaignant et lui dit qu'il vouloit lui parler. Que le plaignant fortit à deux pas fur le théâtre et qu'alors Sallé lui demanda une place pour une fille qui étoit dans la falle. Le plaignant lui répondit qu'il ne recevoit pas de fille, que fa loge étoit occupée et qu'il n'y avoit pas de place. Que Sallé perfifta à en vouloir une, et le plaignant ayant conftamment refufé 'de la donner, Sallé le menaça de le faire fortir et fa compagnie de la loge ou d'en payer les places en ajoutant qu'elle lui appartenoit. Que le plaignant lui répliqua qu'il ne le craignoit pas et cependant lui offrit le prix des places pour éviter du bruit. Sallé, fans accepter cette offre, apoftropha le plaignant de f.... drôle, de f.... poliffon, à quoi le plaignant ne répondit rien et rentra dans fa loge. Obferve le plaignant que d'après la convention il n'étoit pas tenu de payer pour les perfbnnes qu'il menoit dans fa loge et que ce payement ne lui avoit jamais été demandé. Que tout étoit rentré dans le fein de la tranquillité lorfqu'on vint de nouveau appeler le plaignant. Qu'il fortit la tête de fa loge et il y vit Vienne dans le coftume de Sanfon à qui il demanda ce qu'il vouloit. Que celui-ci répondit avec impudence au plaignant qu'il le trouvoit bien infolent d'avoir infulté Sallé, fon aflbcié. Que le plaignant lui répliqua qu'il lui diroit cela dehors et lui réitéra l'offre qu'il avoit faite à Sallé de payer les places de fa loge, toujours dans les vues de ne pas caufer de trouble dans un lieu public : « Oui » dit Vienne, « payez fur-le-champ. » Qu'alors le plaignant lui paya les places de fa compagnie et la fienne même et qu'après ce payement Vienne lui dit :
« C'eft bon 1 mais ici comme dehors je vous f......des coups de bâton. » Le
lieu interdifant la vengeance qu'infpire le premier mouvement, le plaignant fe renferma dans toute fa prudence, il fortit même après le fpectacle fans ' rien témoigner à fés agreffeurs. Que quelque tems après le retour de ces entrepreneurs de la foire St-Germain, le plaignant s'adreffa à Vienne, l'un d'eux, pour fe faire reffituer les tabourets que le plaignant avoit placés dans
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(1) Annette et Lubi», opera comique, paroles de Marmontcl, musique de Laborde, joué pour U premiére fois à Choisy, sur un théâtre particulier. Samson, tragi-comédie en vers français et en cinq actes, par Romagncsi, représentée pour la premiére fois a la Comédie-Italienne, le mardi 28 février 1720..
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